Marjorie Loiseleur

PRATICIENNE NATUROPATHE

Les combinaisons alimentaires
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Date

Maux de ventre, ballonnements, somnolence après les repas, prise de poids, syndrome de l’intestin irritable… et si ces désagréments étaient dus à de mauvaises associations alimentaires?

Le concept de combinaisons alimentaires est attribué à Herbert Macgolphin Shelton. Ce naturopathe américain prônait le crudivorisme et le jeûne thérapeutique. Dans les années 20, il lance le débat sur les combinaisons alimentaires dont il parlera plus tard dans son ouvrage Food Combining made easy (1951), ou Les combinaisons alimentaires et votre santé en français.

La dissociation alimentaire

Le régime dissocié de Shelton consistait à ne pas mélanger certains aliments au cours d’un même repas afin de faciliter la digestion.
Chaque aliment est en effet digéré dans un milieu acido-basique (acide, alcalin) et un endroit (estomac, duodénum, intestin…) particuliers.
Ainsi, on veillera dans ce régime, à ne pas consommer les protéines (digestion acide) avec des les féculents ou amidons (digestion alcaline). La plupart des légumes sont compatibles avec tous les aliments et les fruits sont consommés en dehors des repas.

Intérêts du régime dissocié

Le régime dissocié permet de faciliter la digestion et donc d’économiser de l’énergie qui pourra être utilisée ailleurs dans le corps. Il est donc particulièrement intéressant dans le cadre d’une cure de détoxination et/ou d’une perte de poids.
La dissociation alimentaire réduit considérablement le temps passés des aliments dans le tube digestif et permet une meilleure élimination des déchets issus de la digestion (notamment des glucides et des graisses qui sont moins stockés).
 

Inconvénients du régime dissocié

Ce régime a des effets bénéfiques sur une courte période et sous réserve d’être accompagné par un professionnel qui pourra vous conseiller. Car à long terme, la dissociation peut être source de carences, les nutriments étant moins bien absorbés en raison d’un temps de digestion plus court.

Les différents types d’aliments

Les amidons

Cette famille peut être scindée en deux: les amidons complexes et les amidons légers (moins connus).
Les amidons complexes (ou farineux) comprennent principalement: le blé (et ses dérivés), l’avoine, l’épeautre, le riz, le maïs, le sarrazin, les pommes de terre, les lentilles et les pois chiches. Mais on trouve également des amidons complexes dans les graines de lin, les graines de tournesol, les graines de courge, les graines de sésame et le quinoa.
Entrent dans les amidons légers (ou petit farineux): la patate douce, la betterave, le navet, les potirons et dans une moindre mesure la carotte, le panais, le céleri-rave, les topinambours, le rutabaga er le radis noir.
 

Les aliments acides

Il s’agit de sucres rapides constitués d’une molécule de glucose de saveur sucrée, acide ou acidulée. Ils comprennent les fruits crus, les fruits secs, le vinaigre, le citron, la moutarde, les sauces froides (mayonnaise, ketchup etc), les sorbets, les vins blancs et rosés, le champagne, les alcool forts et la liqueur. De manière générale, les aliments en conserve et industriels contiennent des conservateurs qui sont des molécules acides, ce qui fait d’eux des aliments acides.
 

Les protéines

On distingue les protéines animales (viandes, volailles, poissons, charcuteries, fruits de mer, crustacés) et les protéines de second degré (produits laitiers, oeufs, fromages, beurres et protéines végétales).
 

Les aliments neutres

Ces aliments peuvent être associés à tous les autres aliments car ils ne déclenchent aucune réaction particulière. Il s’agit:
  • des légumes verts (épinards, haricots verts, choux, courgettes etc)
  • tous les autres légumes (hormis ceux contenant de l’amidon)
  • des oléagineux (noix amandes, pistaches etc) également considérés comme des protéines végétales
  • des huiles
  • du beurre (protéine de second degré)
  • du vin rouge et du vin cuit
Certains acides deviennent neutres si ils sont cuits comme le citron, le vinaigre ou le soja. Le miel, le cacao et les épices sont également des aliments neutres.

Bien combiner ses aliments

Si le régime dissocié n’est pas conseillé sur une longue période, il peut être tout de même interessant de bien combiner ses aliments.

Une question de digestions

Chaque type d’aliment est digéré de façon spécifique par le corps. Les aliments acides sont soumis à un bain acide dans l’estomac et doivent être digérés en moins de 2h (afin d’éviter des remontées acides de l’estomac). En revanche, les amidons sont digérés dans un environnement alcalins. Ils déclenchent dans la bouche la production de ptyaline qui permet d’adoucir l’acidité de l’estomac en vue de leur digestion. L’arrivée d’aliments acides va annuler la production de ptyaline et l’estomac sera donc trop acide pour digérer correctement les amidons.
Le corps ne les reconnaîtra pas en tant que tels et ils seront donc stockés au lieu d’être correctement dégradés. En parallèle, les aliments acides, qui doivent normalement être transformés rapidement, devront attendre que les amidons soient digérés (ce qui peut prendre jusqu’à 5h!) et commenceront à fermenter. Et voici comment apparaissent flatulences, douleurs abdominales et autres désagréments.
 
Cela signifie par exemple que la ptyaline n’est plus sécrétée si vous mangez:
  • un filet de citron (acide) sur du poisson accompagné de riz ou de pâtes (amidons complexes). Il suffit en réalité de le consommer avec des légumes verts.
  • du vinaigre ou du citron (acide) sur des carottes râpées (amidon léger)
  • des graines de courges (amidon) dans une salade comprenant du vinaigre (acide)

L’association amidon + protéines

Plus les amidons seront complexes, plus ils seront difficiles à digérer en présence de protéines animales.
Il est donc préférable d’associer les protéines animales à de petits farineux (patate douce, petits-pois etc) ou les amidons complexes (par exemple des pâtes) à des sous produits animaux (oeufs, produits laitiers etc) ou des protéines végétales.
 

Et les fruits?

Les fruits sont des aliments acides. Il est donc préférable de ne pas les consommer en fin de repas si celui-ci comprend des amidons.
Le sucre qu’ils contiennent sera également plus facilement assimilable vers 17H (heure où le taux de glycémie est le moins élevé de la journée) ou après le dîner du soir (le taux de glycémie descendra dans la nuit). De manière générale, consommer des aliments sucrés en journée provoquera des pics de glycémie et les fameux « coup de barre » qui s’en suivent.
 
Sources:
Les combinaisons alimentaires et votre santé, Dr Shelton
La magie de la digestion, DR Oussedik et Dr Ferhi

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